Dans le Canton de Vaud depuis le début des années 2010, les attaques redoublent contre les travailleurs/euses en formation. Sur fond d’austérité décidée par un gouvernement à majorité rose-verte qui a choisi de jouer les “compromis dynamiques” avec la droite patronale et nationaliste. Et cela en violation de la Constitution vaudoise qui spécifie que « l’Etat veille à ce que l’enseignement public, l’enseignement privé […] et la formation professionnelle soient accessibles à tous » grâce aux bourses et autres aides à la formation (art. 51 al. 1).

Bourses :

En 2013, c’est une nouvelle loi au rabais qui était votée sur les bourses malgré la mobilisation; lors de son application en 2015, un Office des bourses mal doté en moyens et personnel accusait des retards de plusieurs mois, précarisant doublement les étudiant-e-s et apprenti-e-s des couches populaires.

Marchandisation :

Début 2016, les autorités décidaient de doubler les taxes des étudiant-e-s de l’EPFL. Le projet de hausse des taxes sera enterré… pour revenir en 2017 avec une augmentation de 500frs. Ces augmentations passent souvent par une division nationaux/étrangers (ces derniers/ères paient déjà plus cher).
Les numerus clausus directs ou indirects sont de plus en plus souvent discutés (EPFL) ou mis en place (Fédération des Ecoles de Musique).
A noter encore que, alors que les forfaits-repas des bourses baissent, les cafétérias privatisées augmentent toujours plus leurs prix.

Marché du travail :

– Lausanne et sa région, c’est des dizaines de milliers de travailleurs/euses en formation (Uni/EPFL/HES) contraint-e-s de travailler à côté de leurs études, ou travailleurs/euses sous payé-e-s en ce qui concerne les apprenti-e-s. Un pool de travailleurs/euses précaires pour le patronat régional qui, avec ses contrats 0 heures, le travail au noir, ses travaux productifs ou qualifiés à 15frs de l’heure et ses stages peu ou pas payés joue à fond la sous-enchère salariale.
– Au sortir de ces études, les stages peu ou pas payés (alors qu’on ne peut même plus parler de stage formatif), le temps partiel imposés et les CDD à répétition (jusqu’à l’illégalité) sont encore plus présents. Le service de l’emploi parle d’un salaire de 3500-4000frs comme minimum acceptable après les études mais pour beaucoup ce n’est pas le cas. Les premiers boulots post-formation continuent à faire de la sous-enchère pour tou-te-s les travailleurs/euses.
L’Etat-patron précarise aussi, on se souvient que l’EPFL voulait baisser les salaires des doctorant-e-s et post-doc, déjà sous-payé-e-s par rapport à celles et ceux de l’UNIL. En 2017, les salaires des prof-fe-s des écoles de musique étaient bloqués suite à la baisse des subventions publiques décidée par le Grand Conseil.
– Pour les apprenti-e-s c’est des salaires aussi bas que 450frs la première année, des progressions salariales dérisoires et une formation au rabais (« générale ») qui leur sont proposés.

 

A cette triple précarisation par la baisse des bourses, la marchandisation des études et les salaires aux rabais s’ajoute la baisse des minima sociaux (par ex. à l’aide sociale où l’on considère que les besoins des moins de 25 ans sont inférieurs à ceux des autres) alloués aux “jeunes” précaires majeur-e-s, et des sanctions toujours plus accrues lorsqu’on y a droit. L’Etat refuse consciemment d’aider les jeunes adultes précarisés par sa politique globale et refile la facture aux familles des couches populaires et moyennes.

Le Canton de Vaud a par ailleurs décidé de prendre de l’avance sur les autres Cantons et la Confédération en mettant en œuvre au plus vite la baisse de l’imposition des entreprises prévue au niveau fédéral ; le taux d’imposition passera dès 2019 de 21% à 13,8%. Le manque à gagner sera répercuté sur la qualité du service public, et donc sur nos vies.